
Que veulent réellement les jeunes Béninois lorsqu’on leur donne la parole sur leurs besoins, leurs projets et leur avenir professionnel ? C’est à cette question que l’Association pour la Promotion et l’Accompagnement des Jeunes Entrepreneurs (PAJE) a voulu apporter des éléments de réponse à travers une enquête nationale menée auprès de 400 jeunes Béninois sur l’ensemble du territoire national.
Avec 400 réponses recueillies, cette enquête permet de mieux comprendre les principales préoccupations de la jeunesse, mais également les secteurs dans lesquels elle souhaite entreprendre et bénéficier d’un accompagnement.
Les résultats mettent en évidence plusieurs enseignements majeurs. Le financement apparaît comme le principal besoin exprimé par les jeunes interrogés, tandis que l’élevage, l’agriculture et la transformation agroalimentaire figurent parmi les filières dans lesquelles ils souhaitent prioritairement être accompagnés.
UNE ENQUÊTE QUI DONNE LA PAROLE À LA JEUNESSE BÉNINOISE
Cette enquête nationale a été menée auprès de 400 jeunes béninois répartis sur toute l’étendue du territoire national.
La répartition selon le sexe montre une forte représentation masculine parmi les répondants. Les hommes représentent 82,6 % des personnes interrogées, contre 17,4 % pour les femmes.
Rapportée à l’échantillon de 400 répondants, cette répartition correspond approximativement à 330 hommes et 70 femmes.
Cette donnée constitue également un élément important dans la lecture des résultats. Elle montre la nécessité de poursuivre les efforts visant à favoriser une participation encore plus importante des jeunes femmes dans les initiatives entrepreneuriales et les dispositifs d’accompagnement.
LE FINANCEMENT : LE PRINCIPAL BESOIN EXPRIMÉ
Lorsqu’il leur a été demandé quel était aujourd’hui leur principal besoin, 52,2 % des jeunes interrogés ont cité le financement.
Ce résultat est particulièrement significatif. Il montre que, pour une grande partie des jeunes qui souhaitent développer une activité ou concrétiser un projet, l’accès aux ressources financières demeure un obstacle majeur.
L’accompagnement et la formation arrivent ensuite, avec chacun 15,2 % des réponses.
Le besoin en matériel et équipements représente quant à lui 8,7 % des réponses.
Ces résultats montrent donc que les besoins de la jeunesse sont multiples. Le financement reste central, mais il est accompagné d’un besoin important de formation, de conseil, d’orientation, d’accompagnement et d’accès aux moyens matériels nécessaires au développement des activités.
Autrement dit, le jeune porteur de projet ne demande pas uniquement de l’argent : il a besoin d’un véritable écosystème pour réussir.
L’ÉLEVAGE EN TÊTE DES FILIÈRES DANS LESQUELLES LES JEUNES SOUHAITENT ÊTRE ACCOMPAGNÉS
La deuxième question de l’enquête portait sur les filières dans lesquelles les jeunes souhaitent être accompagnés.
Les résultats sont particulièrement révélateurs.
L’élevage arrive en première position avec 50 % des réponses, soit la moitié des jeunes interrogés.
L’agriculture arrive en deuxième position avec 28,3 % des réponses, suivie de la transformation agroalimentaire avec 15,2 %.
Le négoce et commerce représente pour sa part 6,5 % des réponses.
Ces chiffres mettent clairement en évidence l’intérêt d’une grande partie de la jeunesse pour les activités productives, notamment dans les secteurs agricole, pastoral et agroalimentaire.
UNE JEUNESSE QUI VEUT PRODUIRE ET ENTREPRENDRE
Ces résultats doivent être regardés avec attention.
Ils montrent que les jeunes ne sont pas uniquement préoccupés par la recherche d’un emploi existant. Une partie importante d’entre eux souhaite également développer ses propres activités économiques.
L’intérêt manifesté pour l’élevage, l’agriculture et la transformation agroalimentaire traduit une volonté de participer directement à la production de richesse.
Un jeune qui développe une activité d’élevage peut créer des emplois directs et indirects.
Un jeune entrepreneur agricole peut mobiliser des ouvriers, des fournisseurs, des transporteurs et des commerçants.
Une entreprise de transformation agroalimentaire peut créer des débouchés pour les producteurs agricoles tout en générant de nouvelles opportunités dans la transformation, le conditionnement, la distribution et la commercialisation.
Derrière un projet de jeune, il peut donc se trouver bien plus qu’un simple emploi : il peut se trouver toute une chaîne de création de valeur.
LES RÉSULTATS INTERPELLENT LES DÉCIDEURS
À travers ces données recueillies auprès de 400 jeunes sur toute l’étendue du territoire béninois, une question se pose désormais aux différents acteurs du développement :
Sommes-nous réellement en train de donner aux jeunes les moyens de transformer leurs ambitions en activités économiques durables ?
Les pouvoirs publics, les collectivités territoriales, les institutions financières, les partenaires techniques et financiers ainsi que le secteur privé ont chacun un rôle à jouer.
Si plus de la moitié des jeunes interrogés identifient le financement comme leur principal besoin, il devient nécessaire de réfléchir à des mécanismes de financement davantage adaptés à leurs réalités.
Mais le financement ne peut pas être considéré isolément.
Un jeune peut disposer d’un financement et échouer faute de compétences en gestion.
Il peut avoir une bonne formation mais ne pas réussir à accéder au marché.
Il peut avoir un excellent projet mais ne pas disposer des équipements nécessaires.
Il peut également avoir une activité viable mais rencontrer des difficultés faute d’accompagnement.
Le véritable enjeu est donc de construire des parcours complets d’accompagnement.
FINANCER UN PROJET NE SUFFIT PAS
L’enquête du PAJE rappelle une réalité essentielle : le financement doit être accompagné d’autres leviers.
La formation permet de renforcer les compétences.
L’accompagnement permet au jeune de ne pas rester seul face aux difficultés.
Le financement permet de mobiliser les ressources nécessaires.
Les équipements permettent d’améliorer la capacité de production.
L’accès au marché permet de transformer la production en revenus.
Le suivi permet enfin d’identifier les difficultés et d’améliorer les chances de pérennisation de l’activité.
C’est cette combinaison qui peut permettre à un projet de devenir une entreprise viable.
L’EMPLOI DES JEUNES PASSE AUSSI PAR LA CRÉATION D’ENTREPRISES
La question de l’emploi des jeunes est souvent abordée sous l’angle du nombre d’emplois que l’économie doit créer pour eux.
Cette approche est nécessaire, mais elle mérite d’être complétée.
Il faut également renforcer la capacité des jeunes à créer eux-mêmes des activités et, progressivement, des emplois pour d’autres personnes.
Un jeune entrepreneur qui développe son entreprise ne résout pas uniquement son propre problème d’emploi.
S’il réussit à faire grandir son activité, il peut recruter d’autres jeunes, développer des partenariats, stimuler des fournisseurs et participer à la création de richesse dans son environnement.
Ainsi, chaque entreprise durable créée par un jeune peut devenir un petit moteur économique autour duquel plusieurs emplois et activités peuvent se développer.
UNE ATTENTION PARTICULIÈRE À LA PARTICIPATION DES JEUNES FEMMES
La répartition par sexe constitue également un enseignement important de cette enquête.
Avec 17,4 % de femmes parmi les répondants contre 82,6 % d’hommes, les résultats font apparaître une représentation féminine encore minoritaire dans l’échantillon.
Cette situation doit encourager les acteurs de l’écosystème entrepreneurial à renforcer les mécanismes permettant aux jeunes femmes d’accéder davantage à la formation, au financement, aux équipements, à l’accompagnement et aux opportunités économiques.
L’autonomisation économique des jeunes femmes doit être considérée comme une composante essentielle des politiques de développement et de création d’emplois.
UNE ENQUÊTE QUI APPELLE À L’ACTION
Les résultats de cette enquête nationale ne doivent pas rester de simples statistiques.
Ils doivent alimenter la réflexion et surtout encourager l’action.
Les 400 jeunes interrogés ont exprimé des besoins et des orientations relativement clairs : le financement arrive largement en tête de leurs préoccupations, tandis que l’élevage, l’agriculture et la transformation agroalimentaire apparaissent comme des secteurs majeurs dans lesquels ils souhaitent être accompagnés.
Ces données constituent donc une invitation à mieux adapter les politiques, programmes et mécanismes d’accompagnement aux réalités exprimées par les jeunes eux-mêmes.
Car pour répondre durablement à la problématique de l’emploi, il ne suffit pas de demander aux jeunes d’entreprendre.
Il faut leur donner les moyens d’entreprendre.
LE MESSAGE DU PAJE AUX DIRIGEANTS
À travers cette enquête, le PAJE souhaite également adresser un message aux dirigeants, aux décideurs, aux institutions financières, aux partenaires au développement et à l’ensemble des acteurs économiques :
Écoutons davantage la jeunesse.
Écoutons ses difficultés, mais aussi ses ambitions.
Écoutons ses besoins de financement, mais également ses besoins de formation et d’accompagnement.
Regardons ses projets non seulement comme des demandes d’appui, mais comme des possibilités de création de valeur et d’emplois.
La jeunesse béninoise ne doit pas être considérée uniquement comme une population à assister. Elle doit également être considérée comme une force économique à développer et à investir.
TRANSFORMER LES CHIFFRES EN OPPORTUNITÉS
L’enquête menée par le PAJE auprès de 400 jeunes Béninois sur l’ensemble du territoire national apporte une photographie des besoins exprimés par cette jeunesse.
Mais le véritable défi commence maintenant.
Il consiste à transformer :
Les besoins en solutions ;
Les idées en projets ;
Les projets en entreprises ;
Les entreprises en emplois ;
Et les emplois en perspectives durables pour la jeunesse.
La jeunesse ne demande pas seulement qu’on lui parle d’avenir.
Elle demande les moyens de construire cet avenir.
Et lorsque nous donnons à un jeune les moyens de développer une activité viable, nous ne créons pas seulement une opportunité pour une personne.
Nous pouvons contribuer à faire naître une entreprise, une chaîne de valeur et, demain, plusieurs emplois.
PAJE — Écouter la jeunesse. Comprendre ses besoins. Accompagner ses initiatives. Contribuer à construire son avenir.